Remonter en selle après la chute, c’est le B-A.BA du sportif. Les hommes de Larry Ellison sont des sportifs, ils relèvent ce challenge avec une certaine classe. TNZ, Prada et Artémis les trois mousquetaires de l’AC72 sont bien 4 conformément à l’arithmétique d’Alexandre Dumas.
AC72, Dart 18, Classe C, Nacra 17, Extrême 40, F18, Viper, AC45, F16, Classe A, HC16 de quoi trouver chaussure à son pied, naviguer pour le plaisir ou régater de son plan d’eau en intersérie pour commencer puis en temps réel jusqu’au pinnacle de la voile sportive moderne. Les champions passés par le catamaran font l’actualité: Gabart et Cammas au large, Morvan en match race, Jarlegan, Guichard, Pennec sur les circuits d’une voile moderne et spectaculaire.
Cerise sur le gâteau, notre sport est accessible et ouvert. Il faut juste s’affranchir du plastique, arrêtons de penser que sur le dernier bateau avec un rating « optimisé » on va soit gagner, soit s’amuser plus. Pas besoin de canote à 25.000 euros et l’intérêt de « gagner » avec un bord d’avance sur un bateau qui va 2 noeuds plus vite que les copains, demande certes beaucoup de sang froid mais oublie le côté contact et contrôle. 70% du fun. On est passé dans un autre sport, du contact du circuit automobile à la spéciale de rallye où l’on se bat contre la montre.
Plus les bateaux sont proches plus le jeu est fort et intense sur les manoeuvres, les départs et le positionnement. Historiquement, il faut le rappeler, le catamaran de sport s’est développé en France depuis 30 ans principalement sur trois séries. Le Hobie Cat 16 et le Dart 18 deux séries strictement monotypes, puis sur une belle jauge à restriction, la Formule 18, qui a permis de sortir des hérésies INC du début des années 90, avec des ratings se « négociant » autour d’une table et de dégager un catamaran fiable et marin pour les courses côtières. Malgré un développement mondial, attention cependant à ne pas tuer le concept en oubliant ses fondements. Dans jauge à restrictions, le mot fort est bien entendu le dernier.
Ce qui ne veut pas dire que c’est facile. Gagner un National HC16, Classe A, F18 ou Dart 18 demande un certain talent. J’oserai même un talent certain, ceux qui en doute au lieu d’en parler devrait venir montrer leur capacité
. Plus sérieusement, 2013 sera riche d’évènements catamarans forts comme le Mondial Dart à Carnac, le mondial F18 à Grossetto, la little Cup classe C, l’européen Hobie 16 à Cagliari, le national Classe A à Hyères et la Coupe de l’América, « ze » évènement voile de 2013.
Amusons nous, relevons des défis sportifs, surfons, volons même puisque les foils le permettent et profitons de la vie, car avec une ou deux coques en l’air, on va plus vite.

Ce qui manque à Spithill, Ainslie et cie: quelques dizaines d'heures de descente dans la brise. photo:F. Tiffon
Outre le fait que voler est littéralement une nouvelle dimension pour la Coupe, c’est une séquence plutôt classique de l’apprentissage du cata de sport que vient de vivre Oracle 17.
Spithill et tout les newbe font illusion dans la molle, bon toucher sens du jeu etc… dès que ça monte rester à l’endroit demande un vécu moins cher à acquérir à mon sens en HC16, surtout en HC16 qui est plutôt robuste
(dommage de le sortir de la filière jeune) ou en F18 qu’en AC72.
A Naples dans la piaule les ex-Tornadistes: Bundock (hormis son bateau qui part en morceau), Ashby (Barker lui passait la barre au portant) et Guichard étaient bien moins tendu que Hutchinson et Spithill.
Comme beaucoup, je pense qu’il devrait y avoir plus de cata boy à bord spécifiquement pour ces situations là.
Sur le canote, en terme d’équilibre toute la poussée vélique est derrière, pas de spi et même une voile d’avant diminuée (ça se comprend), mais pas assez ouverte, voler au dessus du clapot signifie descendre les dérives et donc accentuer le potentiel croche-pied, font que la bouffe pas assez anticipée, entraîne le piqué des étraves, qui tiennent un moment mais la partie horizontales des foils des dérives est alors en incidence plongeante et surtout plus assez d’appui dans les pelles pour abattre et c’est le drame. Les fins techniciens corrigeront cette approche rapide et synthétique.
Ouvrir l’aile en grand afin de la mettre en travers est un autre moyen de diminuer la poussée.
Rester « vent du cul dans la plaine » et, c’est plutôt fin, ne pas déclencher le turbo tout en conservant de la vitesse pour absorber la bouffe.
Bref une des grandes spécificités techniques de la nav en cata de sport quand le vent monte.
Les oracle boys ne se blessent pas, ils affirment que le programme n’est pas retardé, un second jouet étant prévu, ils viennent juste de casser le mulet. Apprentissage avec des moyens.
Une fois au tapis est le minimum syndical, après c’est la capacité d’apprentissage de Spithill et du staff Oracle qui fera la différence, je n’ai pas trop d’inquiétude.
ETNZ est moins audacieux dans les formes et son système de dérives complexes offre surement un réglage nose-up, ou du moins une composante pigeon-vole ou pigeon-coule variable, sûrement appréciable quand ça pousse. Surtout qu’ils ont pas droit aux volets. Plus de détails et d’excellents croquis: ici ( je recommande le forum de Cup in Europe qui m’a permis de trouver cette page).
Artémis me fait peur par la finesse du superbe design (surtout si c’est Hutchinson
).




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