La fin de la coque sous le vent qui traîne dans l'eau ? photo: Gilles Martin-Raget - ACEA2012

Depuis le mois de février les photos d’AC45 avec des foils circulent. Michel Kermarec, membre de la design team d’Oracle et en charge des appendices nous rappelle quelques principes qui conduisent cette approche.

Catamag: Pourquoi le choix de foils en T ?

Michel Kermarec: En fait, c’est en « L » : il manque une branche du T , par opposition a foil courbe ( en « C » ) comme sur les Nacra 20 ou les A class, il y a au moins deux raisons :
- avec un foil en « C », le problème est que plus tu montes, plus tu as tendance a monter.
Ca vient du fait que : la force totale produite par le foil est en gros perpendiculaire a la ligne qui joint les deux extremites du foil ; la force latérale ( anti-dérive : projection de la force totale sur l’horizontale ) à produire est toujours la même ( sa valeur dépend seulement du moment de redressement et de la géométrie du bateau ) ; plus on monte, plus la force totale s’oriente vers le haut ( de part la géométrie du « C » ), donc à force latérale égale, plus la composante vers le haut augmente : on monte encore plus.
Sur un petit bateau, ça se compense en avançant l’équipage pour diminuer l’incidence du foil … mais sur un gros, c’est plus problématique.
- la partie horizontale du « L » est plus sensible aux variations d’assiette que le « C » : ça se gère plus facilement.

Catamag: une aile ça va bien pour voler ?

Michel Kermarec: L’aile se règle très « facilement » par rapport à une voile souple. Je veux dire par là qu’il y a moins d’efforts à faire pour la régler, car il n’y a pas a gérer la grosse tension à l’écoute qu’on aurait avec une voile souple.
De ce point de vue, ça va bien avec « voler au dessus de l’eau » : voler, avec ce bateau en tous cas, demande beaucoup de réglages rapides.

Catamag: les tests concernent uniquement l’AC45 ?

Michel Kermarec: Oui, c’est un test pour le 72.

Le lien vers le site d’Oracle et des photos spectaculaires.

Le Cirrus Q est le premier F16 français

Le « quiou » à l’anglaise hérite d’une partie des études faite sur le Cirrus R. Construit en epoxy c’est un F16 raisonnable aux environs de 120 kg. Pour Manu Boulogne ce type de bateau correspond à une attente qui est aussi très personnelle, il s’agit de naviguer avec son fils Jean.

Vu les résultats du premier jour à Gran Canaria, c’était sourire dans le chantier du Nord ce matin, même si Misha a pris deux valises il était deux fois seconds à l’arrivée et surtout  malgré les soucis du leader, les Cirrus R  prennent 3 des 5 premières places provisoires hier soir.  D’autant plus remarquables que le passage en voile Performances Sails est très récent. Les essais avec North effectué à St Barth étaient concluants, un aspect grammage reste à optimiser. Que le mât du R accepte différents jeux de voiles est une bonne chose dans le temps pour les acheteurs .

Le Cirrus R est un F18 conforme aux évolutions récentes de la jauge. Les coques ont une finition gel coat. Pour l’anecdote le rapport entre le coût de la matière gel coat et une peinture high-tech est de 1 à 10. Les contraintes de fabrication avec la peinture sont aussi plus importantes que le gel coat: mastiquage et cabine de peinture comme une carrosserie de voiture.

Le succès est réel le chantier nordiste à déjà une quarantaine de commandes, produire et réussir en France c’est possible.

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